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Blog-Notes Robert Grossmann

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vendredi, 24 mars 2017

Min mandat, plus que 3 ans Roland

Regard engagé sur la mi mandat

 Les péripéties de l’élection présidentielle ne doivent pas occulter le destin de Strasbourg. Or nous arrivons à la mi mandat du maire Roland Ries qui ne se présentera plus dans trois ans. On ne sait pas comment il compte parcourir les trois années qui lui restent, nul doute qu’il évitera de mettre son levier de vitesse au point mort - roue libre - .

En revanche ce que nous voyons, ce sont quelques éléments de son bilan à mi mandat.

On ne s’attachera pas ici à sa conception de la concertation : causez toujours, je ferai quand même ce que j’ai envie de faire.

On se contentera d’évoquer la partie visible de l’iceberg, l’urbanisation de la ville.

Quelle vision stratégique ?

Le maire d’une grande ville doit être stratège doté d’une vision d’avenir pour sa ville dont l’urbanisme est le grand marqueur

Quelle est aujourd’hui cette vision stratégique lorsqu’on constate que le tout béton, au petit bonheur la chance, en est la ligne de force, lorsque l’on s’aperçoit que quasiment tous les projets de construction de la ville sont confiés à la promotion immobilière ?

Quelques exemples.

·      Les immeubles qui enlaidissent la route du Rhin sont une désolation, copie presque conforme de l’urbanisation galopante des années 60, que les années 2000 se sont empressées de détruire comme au Neuhof Cité ou à la Canardière. Imposantes barres concentration de logements !

·      Les tours de l’espace Danube, intitulées en langue du pays, Black Swann (oiseaux de malheur ?), constituent le résultat d’un concours de paranoïa. Le maire voulait marquer son empreinte avec des immeubles de plus de 100 mètres de haut. Il a du réduire ses ambitions à cinquante mètres. La densité est tout aussi étouffante.

·      Une tour, encore, est prévue près du cimetière Saint Urbain pour dominer les tombes

·      Le jardin des deux rives destiné initialement à un immeuble collectif et à quelques maisons individuelles mitoyennes, s’est vu doté exclusivement de barres imposantes, sept étages.

·      Le futur parc des expositions projeté, finalisé, aux cotés du Zénith, a été annulé et prévu au Tivoli où la densification urbanistique créera un risque de thrombose…

·      L’ambition européenne de Strasbourg s’est incarnée dans une villa inopérante, désertée la plupart du temps, baptisée à la hâte « lieu d’Europe ». Elle se situe à des centaines de mètres du Parlement Européen, alors que c’est à ses cotés, sur l’emplacement de l’ancienne foire, que ce « lieu » aurait eu tout son sens.

·      L’ancienne douane si naturellement destinée à accueillir la culture s’est vue transformée en superette épicière.

Dénaturer la Robertsau

·      Sur les terrains de l’ancienne papèterie des tours de cinquante mètres de haut et quelques 220 logements sont projetées.

·      L’entrée du quartier devrait être surbâti à l’endroit où prend naissance le jardin artistique et participatif d’Apollonia. « Il faut un marqueur socialiste » à l’entrée de la Robertsau assène l’adjointe du quartier.

·      Enfin le cœur du quartier subira la destruction du Foyer Saint Louis et l’érection de quelques 40 appartements. Cet espace central sera définitivement hypothéqué alors qu’on aurait aimé y voir un lieu de convivialité. Le corolaire en est aussi la bétonisation du « jardin du curé » à coté de l’église.

·      Cerise sur ce gâteau indigeste, la monstrueuse forteresse du consulat de Turquie, cinq fois plus imposant que ceux des États Unis, de la Russie ou de l’Allemagne par exemple.

Voilà une bâtisse immense, d’une banalité affligeante et d’une tristesse inquiétante qui domine et défie les paysages environnants dont l’Orangerie. Comment le maire a t il pu accorder un tel permis de construire ?

 

Chaque parcelle libre est ainsi offerte à la promotion immobilière.

Et voilà que l’on apprend que l’historique hôtel de la poste, immeuble remarquable de la Neu Stadt, sera lui aussi livré aux promoteurs alors que ce bâtiment situé aux cotés des universités serait idéal pour un projet d’intérêt public.

 

Politique au fil de l’eau

L’urbanisme écolo-socialiste à Strasbourg suit une ligne que l’on discerne maintenant de manière claire, celle des projets au fil de l’eau. Comme il n’y a pas de vision globale les promoteurs proposent le maire avalise.

Strasbourg était réputée pour sa qualité de vie, ses espaces verts son cadre aéré. Une ville où il faisait bon vivre.

Qu’en restera t il après cet ouragan immobilier ?

 

Certes tout n’est pas à jeter et le maire a fait aménager la place du château, la place Saint Thomas, la place du marché à Neudorf, place d'Austerlitz, le Heyritz, alors que ses prédécesseurs avaient aménagé la place Kléber, la place de la gare, le jardin des deux rives, la place du vieil hôpital, l’espace Rodolphe Reuss au Neuhof.

Mais le maire refuse d’aménager le cœur de la Robertsau. Allez comprendre !

 

 

 

 

 

samedi, 3 décembre 2016

Hommage à Rémy Pflimlin

Je suis consterné et triste à l'annonce du décés de Rémy Pflimlin Grand patron de presse je l'ai connu au moment où, aux DNA, il pilotait l'opération "L'art en fête" en collaboration avec le CEAAC.
Nous avons alors travaillé ensemble avec une belle efficacité au service de l'art contemporain. J'ai pu apprécier sa grande sensibilté culturelle et son réel engagement en faveur des arts. Musica qu'il présidait fut l'objet de toutes ses attentions.
Il a toujours été sensible à l'Alsace qu'il défendait partout avec ardeur.
La culture perd un de ses initiateurs éminents.
À son épouse et à ses proches j'adresse mes vives condoléances.

dimanche, 20 novembre 2016

Jean-Philippe Pierre un de nos meilleurs humoristes fait entrer le nom "Grossmann" dans son dictionnaire

De A à Z/ 17 novembre 2016

 

GROSSMANN (Robert) : Homme politique né en 1940 qui pourrait rêver un jour du Panthéon. Oui, avec lui, « aux grands hommes la patrie reconnaissante », c’est dans la poche depuis la naissance ! En effet, c’est comme le Port-Salut, c’est marqué dessus : Grossmann, avec une faute de grammaire, d’accord ; mais en français, cela veut dire à peu de choses près, « grand homme »… C’est peut-être pour cela que Robert Grossmann raconte avoir été reçu trois fois en tête à tête par le général de Gaulle En tête-à-tête ?… prétentieux ! Il était bien plus grand que lui… D’ailleurs, Robert Grossmann été le président des jeunes gaullistes, de l’UJP, Union des Jeunes Prétentieux. Oui, prétentieux : la preuve, il a découvert un certain Nicolas Sarkozy…

 

Un conseil pour qui ne le connaît pas : il faut toujours dire à Robert Grossmann qu’on l’aime bien. Il vaut mieux le dire avant qu’il ne pense qu’on ne le pense pas. Car comme tout garçon sensible, hyper-sensible même, il est un peu comme une cocotte-minute : au bout d’un moment, il faut que ça évacue, d’où sa réputation de colérique… Et quand je dis que c’est un garçon sensible, c’est qu’il l’est aussi à l’art contemporain, son cheval de bataille. Il en a mis partout, du parc de Pourtalès à la place de Bordeaux, en passant par le Champ-du-Feu. C’est bien simple, quand Robert Grossmann se promène en Alsace, on a l’impression qu’il fait le tour du propriétaire… Mais cette passion pour l’art contemporain m’a toujours étonné, surtout en politique. En politique, il y a quand même pas mal de vieilles croûtes. A moins de s’intéresser à d’autres couleurs que la sienne. Ou pour oublier un milieu où on ne peut ni s’encadrer ni se voir en peinture. En 2001, élu à la mairie de Strasbourg, il crée une nouvelle manière de gouverner avec Fabienne Keller, maire de la ville : le tandem. Un système qui verra ses limites en 2008, surtout quand on ne pédale plus dans le même sens…

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec un nouveau livre et un documentaire sur André Malraux, Robert Grossmann n’exploite pas un filon. Oui, aujourd’hui, pour les jeunes Malraux est un nom d’école ou de médiathèque et pour les adultes une loi concernant l’immobilier… Non, vous ne le verrez pas faire des suites, du style : « Malraux à la plage » ou « Malraux à la ferme »…

 

Pour paraphraser Magritte, de Robert Grossmann, on pourrait dire : ceci est une œuvre d’art ! En effet, il a fait de sa carrière politique un happening permanent, comme on dit dans les salons spécialisés, devenant ainsi à la fois l’auteur et le spectateur de l’œuvre qu’il a été et reste. L’art contemporain ne laisse pas indifférent ; Robert Grossmann, lui, fait parler. Même (et surtout !) quand il n’est plus aux affaires, le débat tourne régulièrement autour de lui.

Jean-Phiippe Pierre un de nos meilleurs humoristes fait entrer le nom "Grossmann" dans son dictionnaire

De A à Z/ 17 novembre 2016

 

GROSSMANN (Robert) : Homme politique né en 1940 qui pourrait rêver un jour du Panthéon. Oui, avec lui, « aux grands hommes la patrie reconnaissante », c’est dans la poche depuis la naissance ! En effet, c’est comme le Port-Salut, c’est marqué dessus : Grossmann, avec une faute de grammaire, d’accord ; mais en français, cela veut dire à peu de choses près, « grand homme »… C’est peut-être pour cela que Robert Grossmann raconte avoir été reçu trois fois en tête à tête par le général de Gaulle En tête-à-tête ?… prétentieux ! Il était bien plus grand que lui… D’ailleurs, Robert Grossmann été le président des jeunes gaullistes, de l’UJP, Union des Jeunes Prétentieux. Oui, prétentieux : la preuve, il a découvert un certain Nicolas Sarkozy…

 

Un conseil pour qui ne le connaît pas : il faut toujours dire à Robert Grossmann qu’on l’aime bien. Il vaut mieux le dire avant qu’il ne pense qu’on ne le pense pas. Car comme tout garçon sensible, hyper-sensible même, il est un peu comme une cocotte-minute : au bout d’un moment, il faut que ça évacue, d’où sa réputation de colérique… Et quand je dis que c’est un garçon sensible, c’est qu’il l’est aussi à l’art contemporain, son cheval de bataille. Il en a mis partout, du parc de Pourtalès à la place de Bordeaux, en passant par le Champ-du-Feu. C’est bien simple, quand Robert Grossmann se promène en Alsace, on a l’impression qu’il fait le tour du propriétaire… Mais cette passion pour l’art contemporain m’a toujours étonné, surtout en politique. En politique, il y a quand même pas mal de vieilles croûtes. A moins de s’intéresser à d’autres couleurs que la sienne. Ou pour oublier un milieu où on ne peut ni s’encadrer ni se voir en peinture. En 2001, élu à la mairie de Strasbourg, il crée une nouvelle manière de gouverner avec Fabienne Keller, maire de la ville : le tandem. Un système qui verra ses limites en 2008, surtout quand on ne pédale plus dans le même sens…

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec un nouveau livre et un documentaire sur André Malraux, Robert Grossmann n’exploite pas un filon. Oui, aujourd’hui, pour les jeunes Malraux est un nom d’école ou de médiathèque et pour les adultes une loi concernant l’immobilier… Non, vous ne le verrez pas faire des suites, du style : « Malraux à la plage » ou « Malraux à la ferme »…

 

Pour paraphraser Magritte, de Robert Grossmann, on pourrait dire : ceci est une œuvre d’art ! En effet, il a fait de sa carrière politique un happening permanent, comme on dit dans les salons spécialisés, devenant ainsi à la fois l’auteur et le spectateur de l’œuvre qu’il a été et reste. L’art contemporain ne laisse pas indifférent ; Robert Grossmann, lui, fait parler. Même (et surtout !) quand il n’est plus aux affaires, le débat tourne régulièrement autour de lui.

vendredi, 11 novembre 2016

Alain Fontanel me met la puce à l'oreille

"Vous êtes vous bien compris avec le maire"? me dit-il. (voir mon billet précédent)

"Évidemment que je l'ai bien compris, il accepte d'organiser un atelier de projet pour le Foyer Saint Louis..." Mais ne voyant rien venir je l'annonce dans mon communiqué public.

Toujours aucune réaction du Maire mais quelques jours plus tard une lettre au Collectif Un coeur pour la Robertsau.

Stupéfaction: il veut un atelier de projet après destruction du foyer et érection d'une quarantaine de logements. 

Oui, on s'est donc mal compris mais "comprenne qui pourra"

vendredi, 4 novembre 2016

Le maire Roland Ries accepte l'organisation d'un atelier de projet. Foyer Saint Louis

À ma demande le maire de Strasbourg m’a reçu le 27 octobre.

J’ai tenu à lui parler de l’évolution du dossier « Foyer Saint Louis » à la Robertsau.

Un permis de construire a été déposé sans qu’aucune information n’ait été diffusée contrairement à « l’esprit participatif » qui présidait à cette délicate affaire mobilisant quasiment toutes les forces vives du quartier.

J’ai rappelé au maire que le 22 juin il s’était engagé devant une délégation du Collectif « Un cœur pour la Robertsau » à organiser un atelier de projet, autrement dit une réflexion urbanistique regroupant les principaux partenaires intéressés à un titre ou un autre par ce dossier. C’est bien le centre, le cœur de la Robertsau qui est en jeu.

Le maire m’a confirmé son engagement et m’a assuré que, malgré quatre mois d’inaction totale, il organiserait ces rencontres de travail.

Naturellement il y a mis une condition importante consistant à avoir la garantie que les débats seraient honnêtes et objectifs, sans parti pris ni hostilité préconçue.

Je me suis engagé sur ce point en mon nom personnel et je me sens donc garant du parfait déroulement des débats à venir.

Alors que le temps presse je veux remercier le maire de tenir parole en organisant très prochainement cet « atelier de projet ».

samedi, 8 octobre 2016

Le foyer Saint Louis détruit partiellement, sauf mobilisation générale

"Le foyer Saint Louis ne sera pas démoli" tel est le titre d'un article des DNA bien mis en évidence et annoncé sur la page de couverture.
Les premières lignes de l'article à sensation (il démarre par l'expression "coup de théâtre") sont déjà en contradiction avec le titre : "... d’après une indiscrétion très proche du dossier, le projet d’Icade, au centre de la Robertsau, ne comprend plus la démolition du foyer Saint-Louis dans sa totalité." Donc démolition partielle!
Fondée sur "une indiscrétion" cette nouvelle théâtrale mérite d'être vérifiée et aurait du l'être.

jeudi, 29 septembre 2016

Mon dernier livre en librairie: Malraux tel que je l'ai connu

Il y a quarante ans, le 23 novembre 1976, disparaissait André Malraux,  écrivain, philosophe de l’art, combattant dans les brigades internationales contre Franco, résistant à la tête de la Brigade Alsace Lorraine, ministre de la culture…« le plus noble aventurier de ce siècle » comme l’avait appelé son ami alsacien, le père Bockel.

Le temps emporte sa part d’oubli et je me demande si les jeunes qui fréquentent aujourd’hui la Médiathèque Malraux à Strasbourg, les Centre Culturels Malraux dans l’ensemble de la France, savent qui était cette immense personnalité, quelle était son œuvre.

Le rappeler, évoquer son action et ses écrits me semble nécessaire. Plus qu’un devoir de mémoire il s’agit d’un acte dynamisant pour notre vie intellectuelle, politique et culturelle.

Redécouvrir Malraux c’est renouer avec son intemporalité, par delà les modes, et donc de son actualité

Redécouvrir Malraux est d’autant plus exaltant pour nous que les liens réels et forts qui l’unissent à l’Alsace ne constituent pas le moindre paradoxe de ce personnage hors normes. Il s’agit aussi de son aspect le moins connu.

samedi, 18 juin 2016

Foyer Saint Louis, nous ne lâcherons rien!

Plus je regarde la façade du Foyer Saint Louis moins je trouve qu'elle est banale, indigne d'intéret.

Quant à la salle elle a un véritable cachet, elle est belle et le tout mérite effectivement d'être conservé et rénové. 

Et là je fais abstraction de sa réelle utilité sociale qui est incontestable.

Peut-être est ce le plan de l'horreur architecturale que l'on projetait d'y substituer qui met d'avantage en valeur la qualité du Foyer. 

Aussi allons nous nous battre jusqu'au bout pour sa préservation qui est d''interet général.

Au cours des années écoulées il était question de démolir le chateau de Pourtalès, le Coq blanc, la Vignette, l'ancienne gendarmerie 119 rue Boecklin. Nous nous sommes tous moblisé et nous avons réussi à les sauvegarder. Nous avions eu toujours à faire à des maires soucieux de respecter l'avis des habitants, Pierre Pflimlin (pour le château) Marcel Rudloff le Coq Blanc, le 119), Catherine Trautmann (la Vignette).

Roland Ries ne peut pas s'inscrire dans la ligne des iconoclastes adulateurs du tout béton aussi voulons nous avoir confiance, pour le moment.

En tout état de cause nous ne lâcherons rien.


mardi, 15 mars 2016

Dé-fusionner l'ALCA pour retrouver la région Alsace

 

Les élections passées les questions demeurent

L’élection de Philippe Richert à la tête de la nouvelle région a été triomphale à la suite de l’euphorique second tour du scrutin régional.

Ce dimanche soir 13 décembre il y eut comme une marée puissante qui semblait emporter toute discussion, tout repère, toute mémoire ; plus question de débattre du périmètre de l’ALCA, ni de compétences, ni d’économies d’échelle, ni d’autres sujets qui fâchent…

Pourtant, inéluctablement, le temps de la victoire digéré, la marée va refluer  pour céder la place à des « faits têtus » et aux questions qu’ils imposent.

 

Au premier chef reste posée la question de la cohérence de l’ALCA alors que le refus généralisé de ce découpage absurde est toujours présent dans tous les esprits en Champagne Ardennes tout comme en Lorraine ou en Alsace.

La Bretagne ou la Corse ont été si souvent citées en exemple aux alsaciens qu’ils ne comprennent pas pourquoi, contrairement à elles, l’Alsace n’a pu garder sa personnalité et sa gestion propre.

L’enjeu du second tour était de battre le FN et non plus d’adhérer à l’absurde ALCA. Les alsaciens ont donc massivement voté contre le FN.

(notons tout de même près de 50% d’abstention) Pour autant ils n’ont pas plébiscité la dilution de leur région, considérée comme désastreuse. Force est de reconnaître qu’ils portent eux même de lourdes responsabilités lorsqu’ils ont démontré leur incapacité à s’unir lors du référendum perdu de Philippe Richert en avril 2013.

Une victoire de l’Alsace unie aurait dissuadé quiconque de porter atteinte à son intégrité territoriale

Le refus de « l'événement le plus grave, pour l'Alsace, depuis la fin de la guerre »

Depuis le triste épisode du référendum perdu, la résistance s’était pourtant manifestée de manière déterminée face à cette ACAL hétéroclite.

Dès l’été 2014 et tout au long de l’année 2015 une très grande majorité d’élus s’y est opposée. Les parlementaires de l’UMP unanimes l’ont exprimé sans équivoque en allant jusqu’à saisir le Conseil Constitutionnel en décembre 2014. Certains parlaient même de rejouer le référendum…

Des milliers de manifestants sont descendus dans la rue et les sondages ont exprimé de manière spectaculaire le refus de cette fusion : 85% des alsaciens (65% dans les trois régions concernées) 

En juin 2014 Philippe Richert  a tenté une opération sauvetage de meubles de dernière minute en proposant un élargissement limité à la Lorraine. Ce fut son « sommet de Wingen sur Moder » avec le président Masseret. L’Alsace-Lorraine n’était pas inacceptable et le maire de Strasbourg PS y était favorable mais à le PS de Paris rien ne prit rien en considération.

Le 17 décembre 2014 Philippe Richert, désespéré, a lâché dans le Figaro : «La fusion avec la Lorraine et Champagne-Ardenne, c'est l'événement le plus grave, pour l'Alsace, depuis la fin de la guerre (…) dorénavant, l'Alsace n'aura plus d'institution politique pour la représenter».

Enfin, ultime initiative, Daniel Hoeffel et le Professeur Herzog ont déposé un recours au Conseil d’État en septembre 2015. Il fut hélas rejeté.

Une fois le micmac réalisé l’économiste Jean-Alain Héraud a livré son analyse dans un excellent supplément des DNA (collector) de décembre 2015. Il démontre clairement que dans cette ACAL il y a « trois mondes séparés » et que « les régions composites comme l’ACAL n’auront pas l’identité et le pouvoir politique pour s’opposer à Paris et donc l’Ètat central gagne un peu de temps » Bref une mauvaise affaire sur le plan économique autant que politique.

Résistance et capitulation.

La résistance aurait du se développer et se renforcer à la fin de l’été 2015, or elle s’est éteinte. Pourquoi  ceux des partis majoritaires en Alsace qui résistaient au printemps ont-ils capitulé à l’automne ? On peut se demander s’ils n’ont pas été victimes d’une de leurs qualités emblématiques, de celles que Paris aime chez les alsaciens depuis toujours : le sens de la discipline qui les met au garde à vous à la moindre injonction du pouvoir central.

Imaginons que, forts du soutien populaire, les grands élus aient opposé un refus à Paris. Imaginons qu’ils aient refusé les élections imposées de Paris en organisant un scrutin spécifique au Conseil Régional d’Alsace… Que se serait-il passé ? Valls aurait fait donner la troupe ?

On objectera que cela est pure utopie ? Admettons…

Au secours l’Allemagne ! La France nous laisse mourir 

Malheureusement le parti autonomiste Unser Land, groupusculaire jusque là, fut soudainement dynamisé et bénéficia d’une crédibilité nouvelle en incarnant, seul, la résistance. Ses scores furent plus qu’honorables alors qu’il ne faut pas oublier que des autonomistes restent des autonomistes avec tous leurs excès. En effet, comment ne pas être consterné par la démarche de sa présidente, Andrée Munchenbach qui adressa en aout 2014 une lettre ouverte au président de la République fédérale allemande, Joachim Gauck, où l’on peut lire en se pinçant le bras

« Comme par le passé, l’Alsace est traitée comme une colonie. […] Nos enfants n’ont pas le droit de connaître l’histoire de leur peuple. Au lieu de cela, on leur casse les oreilles avec la Seconde Guerre mondiale […] Monsieur Gauck, s’il vous plaît, ne nous laissez pas mourir ! En tant que représentant du “grand frère” d’outre-Rhin, vous n’avez pas le droit de laisser disparaître l’Alsace. Nous attendons de vous que vous interveniez pour protéger l’Alsace »

Aucune solution raisonnable ne peut passer par cet autonomisme là.

Une région plus grande que certains États

Comme s’il leur fallait définitivement rompre avec les résistances d’avant l’élection les nouveaux élus régionaux proclament maintenant qu’ils sont à la tête d’une région deux fois plus grande que la Belgique, qu’ils président en quelque sorte aux destinées d’un État. Vertige…De quoi faire tourner les têtes et se crisper à leur nouveau pouvoir.

Le futur Président de la République doit dé-fusionner l’absurde ALCA.

Si un boycott de l’élection était pure utopie, il reste constant que la très grande majorité de notre population attendait sans aucun doute qu’une fois élus dans des conditions si particulières les conseillers régionaux alsaciens annoncent leur intention de demander la défusion dès l’arrivée d’un nouveau président de la République en 2017.

L’ALCA, même rebaptisée « Rhin-Champagne ou Grand Est », demeure absurde et incohérente. Ça ne marchera pas – ou très mal - et les effets de l’aberrance se manifesteront tôt ou tard.

Voir l’Alsace diluée dans une région aussi grande qu’un état ne peut effacer l’insulte au bon sens ni éteindre les légitimes frustrations. Les autonomistes seuls bénéficieraient de l’accommodation à l’ALCA dans l’abdication.

Dès lors serait-il illusoire de penser que l’on pourrait revenir à la raison ? Pour y atteindre le président Richert et nos parlementaires ont toutes les cartes en main. Dores et déjà le député Laurent Furst a interpellé le premier ministre à ce sujet.

De plus, l’absurdité du découpage socialiste ne concerne pas que l’ALCA. La plupart des nouvelles régions sont insatisfaites.

Fort de sa prestigieuse présidence de l’Association des Régions de France Philippe Richert a désormais des pouvoirs puissants pour intercéder auprès du futur président de la République.

Prenons date…

 

 Relire sur  www.robert-grossmann.com/blognotes  mon papier du 11 mai 2015

 

 

 

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