Politique fiction !

Dimanche soir au vu des résultats en rien conformes a tous les sondages qui le donnaient gagnant, Alain Juppé réfléchit avec cette fulgurance d’ordinateur qui l’a toujours caractérisé.

 

« Quel est le meilleur et le plus beau moyen pour mon camp d’accéder au pouvoir et de réaliser nos projets de redressement de la France ?

Un duel ? Avec toutes les agressions prévisibles, les dérapages, les états major pousse-au- crimes et va-t-en-guerre toujours assoiffés d’affrontement. Les jeux du cirque avec, au final, un vainqueur affaibli ?

J’aurais quelque chance de gagner, se dit-il, mais je le reconnais, très peu.

Il y a un autre chemin. Une solution différente, inattendue, spectaculaire, totalement en rupture avec les habitudes politiciennes, partisanes, égoïstes.

Pour une des toutes premières fois je vais mettre un mouchoir sur mon orgueil qui, je le confesse, est hypertrophié, même si j’ai réussi à le cacher à force d’entrainement et de média-training.

J’ai fait un mauvais score, les électeurs ne croient pas en mes capacités à être le meilleur Président, c’est dur de le reconnaître mais c’est ainsi.

Un combat avec près de 16 % de retard alors que je pensais triompher avec une avance très nette ne pourrait qu’être ravageur pour chacun… Dois je continuer le combat fratricide ?

Au fond, quel est l’objectif de ces primaires : faire gagner mon camp au nom de l’intérêt supérieur de la France et des Français !

C’est décidé, je vais les surprendre en démontrant de manière spectaculaire que je ne suis pas un politicien avide de pouvoir personnel mais que seul l’intérêt supérieur compte pour moi. Je vais démontrer que je sais être souple dans mes bottes.

Je me retire en demandant à tous d’assurer une victoire jamais vue, inouïe, à celui qui est l’incontestable vainqueur du premier tour, François Fillon !

Quelle leçon pour tous, quel élan incroyable pour les présidentielles face au Parti Socialiste qui a fait tant de dégâts.

Oui, c’est décidé l’intérêt général avant mon intérêt personnel. »

 

Ce n’était hélas qu’un rêve et la bagarre est lancée avec assez peu d’élégance