Dans ce pays a-t-on encore la faculté d’analyser le sens des mots et mieux encore de bien les utiliser ? Une déformation-manipulation ne serait-elle pas la règle fondée sur la plus parfaite mauvaise foi ? Je suis contraint de voler au secours du blog master habituel de ces pages pour tenter de renouer avec le bon sens. De quoi s'agit-il avec Mme Jurdant Pfeiffer ? D'une affaire d’utilisation de vocabulaire, de sémantique donc. Il semble établi que des élus du peuple connaissent le sens des mots et savent s’exprimer correctement. Non ? C'est bien le B.A BA de leur métier. Donc Madame PJP affirme au soir du premier tour : « Entre deux maux je choisis le moindre » Ce qui signifie qu’elle accepte de choisir entre la peste et le choléra, qu’elle choisit donc un mal ! Robert Grossmann estime que ce ne sont pas des manières que de traiter de mal un candidat, ses 11 millions d’électeurs et ses équipes qui, localement, le soutiennent et qui sont historiquement alliés avec les centristes. Il est permis de rappeler cela dans l’année du centenaire de Pierre Pflimlin. Grossmann lui-même fut un allié permanent de tous les maires centristes successifs. Jamais ils ne se traitaient entre eux de personnages maléfiques. Ce développement, concernant la mise au point du vocabulaire, ne constitue donc pas une attaque personnelle; tout juste une mise au point ! Mais Mme PJP proclame, 6 jours après sa première déclaration : « Je ne maintiens pas ce que j’ai dit et je ne le démentirai pas non plus. Maintenant c’est le silence. C’est tout » (DNA du 28/4 N°100 « Je ne le maintiens pas et je ne le démens pas » est une première qui peut rénover toute la casuistique et les adeptes de la Compagnie de Jésus sont totalement dépassés. Et guise de rhétorique saluons cette pirouette. Mais qui comprend quoi que ce soit ? « Je ne suis pas pour mais je ne dis pas que je suis contre » ou encore « je ne suis pas d’accord avec ce que j'ai dit mais je suis contre le fait de le dire donc je le dis sans le dire et je dis en même temps le contraire de ce que je n’ai pas voulu dire sans que ça se sache publiquement » Mais dans les inconséquences les plus spectaculaires sont à venir. « Maintenant c’est le silence » dit-elle gravement, avec une vraie sagesse de philosophe. Au même moment, en guise de silence, on peut lire une réponse de sa part sur son blog enfin débloqué. Alors ? Silence ou poursuite d’une polémique de victimisation bon marché ? Grossmann n’a fait que dénoncer une quasi insulte à l'égard du candidat arrivé en tête avec 11 millions d’électeurs. Je ne lis pas dans son texte qu’il ait voulu attaquer Mme PJP. Il ne cherche qu’à éclaircir des incohérences car en effet nous avons tous besoin de clarté. Depuis toujours il est nécessaire qu'il y ait des forces politiques différentes et qui débattent entre elles. Donc qu'il y ait une UDF à coté d'une UMP, rien de plus normal. Mais à la suite de ce premier tour on a pu observer de très nombreux parlementaires ou élus UDF rejoindre Sarkozy. Aucun n'a proclamé qu'il allait embrasser le mal!!! En effet il ne faut jamais insulter l'avenir et en l'occurence l'avenir c'est dans deux mois: les élections législatives! Au passage ce qui m’étonne c’est que Grossmann agit de manière désintéressée, si je puis dire. Il n’a aucun intérêt au Neuhof ou au Neudorf. Il n’est pas candidat aux législatives dans cetet circonscription. Il ne fait que soutenir un débat d'idées et de mots. En revanche il y a bien un autre candidat, celui qui est présenté par l’UMP, et que Grossmann de manière implicite, défend dans son propos. Or celui là on ne l’entends pas. Silence