Marseille obtient le doublement de sa subvention tramway

Je lis un papier dans le Figaro de samedi 4 /dimanche 5 mars, page 6, qui ne peut laisser indifférent le maire de Strasbourg et le président de la Communauté Urbaine.

Le premier ministre Dominique de Villepin est allé à Marseille et a procédé à une distribution impressionnante de subventions de l’état.

11 millions d’euros pour la rénovation du centre de collections

7 millions d’euros pour le fort de Saint Jean

100 policiers de plus

Extension de la zone franche urbaine de Malpassé

Mais surtout il a doublé "l’aide de l’état pour le tram : 40 millions !"

L’article, signé Bruno Jeudy, s’ouvre sur cette pittoresque entrée en matière en guise d’explication « Le premier adjoint au maire de Marseille Renaud Muselier (UMP) avait prévenu : « S’il n’amène rien, je le fracasse ! » !

Cette citation en toutes lettres ne peut être née de l’imagination du journaliste.

Je ne crois pas à une galéjade...même si nous parlons de Marseille. Pagnol, Raimu, Fernandel inspirent évidemment la Cannebière en permanence. Mais je ne vois pas Monsieur de villepin aller dans la blague Mariussienne. Ce ne peut donc qu'être sérieux...comme les menaces de Renaud?

D'ailleurs de tels propos correspondent bien aux mentalités méditerranéennes. Les méthodes et les manières de nos excellents compatriotes du sud de la France sont plus colorées, plus expansives, plus ardentes souvent que les nôtres. Faut-il croire que ce sont celles là qui sont efficaces?

Reconnaissons le, nous correspondons souvent à notre réputation : disciplinés, sérieux, travailleurs, solides, pas revendicatifs bref dit-on trop souvent à Paris, on peut compter sur les alsaciens, ils ne font pas d’histoires…

Fabienne Keller et moi, nous avons engagé la troisième ligne de tramway en 2001 avec l’assurance de bénéficier de 69 millions d’euros de subventions de l’état. On nous en laisse aujourd’hui 25 millions. Donc il nous manque, d’après les engagements initiaux, 44 millions.

Nous avons protesté et fait entendre notre voix en permanence. C’est bien grâce à nos démarches auprès de tous les ministères concernés, y compris, naturellement Matignon, que nous en arrivé à 25 alors que la coupe sombre initiale nous en laissait à peine 15.

Mais nos méthodes, précédées par notre réputation d’alsaciens disciplinés, n’ont pas été celles des menaces vigoureuses.

Si le premier ministre revient à Strasbourg, faut-il donc lui promettre la «  fracasse » si nous n'étions pas aussi bien traités que Marseille ?

Nous ne pouvons faire autrement que revendiquer avec force  « le doublement de la subvention au tramway strasbourgeois » et, de ce pas, nous écrivons à Monsieur de Villepin!

Qu'on ne nous fasse pas croire que pour Paris, Strasbourg ne vaudrait pas Marseille!